Penser à la dépression de l'enfant et de l'adolescent

Tous les enfants et les adolescents traversent des moments de tristesse. Penser à la dépression et demander de l’aide au bon moment n’est pas toujours facile. 

Quand penser à une dépression

● Reconnaître une dépression chez un enfant ou un adolescent est difficile.

● Une possible dépression est à évoquer lorsqu’un enfant reste en retrait, garde un visage sérieux, peu mobile, semble absent, ou à l’inverse lorsqu’il est irritable, agité, opposant, insatisfait.

● Les enfants expriment leur perte d’intérêt et leur perte du plaisir de vivre par des mots comme « je m’en fous, j’en ai rien à faire, j’ai envie de rien ». Ils expriment une perte d’estime de soi ou un sentiment d’impuissance par « je suis nul, je n’y arrive pas ». Ils expriment parfois aussi de la culpabilité (« c’est de ma faute »), de la honte, un sentiment de perte d’amour (« personne ne m’aime »).

● Parfois l’enfant ou l’adolescent ne semble plus comme avant, ou il donne l’impression de n’être jamais content, d’être méchant, ou qu’on ne peut jamais lui faire plaisir.

● D’autres éléments sont parfois présents : troubles de l’attention, de la mémorisation, du sommeil et de l’appétit, irritabilité, anxiété, peurs irrationnelles, comportements antisociaux ou consommation de drogue. Un sentiment de désespoir peut s’accompagner d’idées de mort et de suicide.

● De nombreux médicaments causent ou aggravent une dépression ou provoquent des idées suicidaires. Par exemple l’isotrétinoïne utilisée dans l’acné, des contraceptifs hormonaux, des corticoïdes, certains anti-infectieux, et le montélukast utilisé dans l'asthme. Les antidépresseurs peuvent augmenter le risque d'idées noires, surtout chez les enfants et les adolescents. Il est utile de vérifier si un médicament pris par l'enfant ou l'adolescent est en cause.

Ne pas parler trop vite de dépression

● La présence isolée de quelques signes de dépression ne signifie pas nécessairement qu’une véritable dépression est là. La diversité et le type des symptômes, leur répétition dans le temps, la souffrance ressentie par l’enfant, la durée d’évolution sont des éléments qui jouent un rôle dans le diagnostic, ainsi que le retentissement sur la vie courante et la vie scolaire.

● De manière schématique, un enfant ou un adolescent est peut-être dépressif si, presque tous les jours, et presque toute la journée, depuis au moins deux semaines, il est d’humeur triste ou irritable ; s’il a perdu ses intérêts habituels ou son plaisir de vivre ; et si on observe une fatigue ou une baisse de sa vitalité.

Donner la parole à l’enfant ou l'adolescent concerné 

● Si on soupçonne une souffrance psychique chez un enfant ou un adolescent, il est important de lui permettre de s’exprimer et d’être entendu par une personne avec qui il établit une relation de confiance, et qui peut l’aider. Chez les enfants et les adolescents, les épisodes dépressifs graves surviennent dans un contexte de séparation, de violences familiales, d’intimidation, de maltraitance, etc.

● La prise en charge de la souffrance psychique des enfants ou des adolescents et la recherche de solutions pour la soulager sont souvent au moins aussi importantes que l’établissement d’un diagnostic précis. Dans cette prise en charge, une aide psychologique et sociale adaptée est le point essentiel. Les médicaments ont un rôle mineur. 

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