Crise convulsive fébrile simple chez un enfant
Points-clés
- Prévenir les traumatismes.
- Quand la crise dure plus de 5 minutes : appeler le 15 ou le 112, et administrer du diazépam par voie rectale ou du midazolam par voie transmuqueuse buccale.
- Faire baisser la température corporelle avec du paracétamol.
Une crise convulsive fébrile simple chez un enfant est définie comme un épisode de convulsions généralisées :
- durant moins de 15 minutes ;
- survenant une seule fois en 24 heures, lors d'un épisode de fièvre ;
- en l'absence d'infection intracrânienne, de trouble métabolique et d'antécédent de convulsion non fébrile.
Après une crise convulsive fébrile simple, l'état de santé de l'enfant n'est pas altéré.
Des crises convulsives fébriles surviennent chez environ 3% des enfants. Elles sont rares chez les enfants âgés de moins de 6 mois ou de plus de 5 ans.
Reconnaître
Crise tonicoclonique pendant quelques minutes lors d'un épisode de fièvre
Le niveau de fièvre associé à une crise convulsive fébrile simple est variable selon les enfants. Souvent, la température corporelle est supérieure à 39°C. Cependant, des crises convulsives fébriles surviennent parfois dès 38°C.
Rarement, les convulsions précèdent la fièvre.
Le plus souvent, une crise convulsive fébrile simple se manifeste par une crise tonicoclonique généralisée.
Une crise tonicoclonique généralisée débute par une perte de connaissance brutale à laquelle succèdent trois phases :
- une phase tonique, en général pendant quelques dizaines de secondes, avec une contraction soutenue de l'ensemble des muscles ;
- puis une phase clonique, en général pendant 1 à 2 minutes, avec des secousses musculaires notamment des membres ;
- puis une phase postcritique, avec respiration bruyante et reprise progressive de la conscience.
La moitié des crises convulsives fébriles dites complexes nécessitent des soins spécifiques.
En l'absence de situation à risque de méningite, chez un enfant qui a eu une crise convulsive fébrile simple bien identifiée, il n'est pas nécessaire d'effectuer systématiquement un électroencéphalogramme, un examen biologique ou une imagerie cérébrale.
Ne pas confondre avec des grands frissons lors d'une fièvre
Les convulsions fébriles sont parfois confondues avec des grands frissons lors d'une fièvre. Contrairement aux convulsions fébriles, les frissons touchent rarement le visage et les muscles respiratoires, et ils ne sont pas associés à une perte de connaissance.
Quand un enfant fait une crise convulsive au cours d'une fièvre, il est utile de rechercher s'il a été exposé à des substances qui causent des convulsions, par exemple des dérivés terpéniques tels que le camphre, l'eucalyptol, ou le menthol, contenus notamment dans divers produits utilisés dans le rhume.
Evolution naturelle
Une évolution favorable, mais des récidives fréquentes
Les crises convulsives fébriles simples ne sont pas associées à une augmentation de la mortalité ou à des séquelles neurologiques.
Après une première crise convulsive fébrile simple, le risque de récidive dépend surtout de l'âge de l'enfant :
- environ 50% chez les nourrissons âgés de moins de 1 an ;
- environ 30% chez les enfants plus âgés.
Le risque de récidive est plus élevé aussi dans les situations suivantes :
- après un 2e épisode ;
- en cas d'antécédent familial de crises convulsives fébriles ou d'épilepsie.
Après une première crise convulsive fébrile simple, la plupart des épisodes ultérieurs de fièvre ne donneront pas lieu à une récidive.
Les récidives surviennent le plus souvent avant l'âge de 3 ans, et dans l'année qui suit la première crise convulsive fébrile.
Chez les enfants qui ont eu une ou plusieurs crises convulsives fébriles simples, la fréquence d'une épilepsie ultérieure semble à peine supérieure à celle observée dans la population générale. Elle est toutefois augmentée chez les enfants qui ont au moins 2 facteurs de risque suivants :
- antécédent familial de convulsions non fébriles ;
- anomalie neurologique préexistante ;
- convulsions fébriles dites complexes.