Panaris du pourtour d'un ongle

En cas de panaris du pourtour d’un ongle causé par une blessure minime, des trempages dans l’eau chaude et des soins locaux suffisent le plus souvent. Un avis médical est souhaitable pour les personnes à risque élevé d’infection ou dont le panaris s’aggrave. 

Le plus souvent sans gravité


● Un panaris du pourtour d’un ongle (panaris péri-unguéal) est une infection bactérienne causée par une blessure souvent minime : suite à une piqûre, une morsure, un ongle incarné, ou après manipulation de la peau autour d’un ongle ou pose d’un ongle artificiel, par exemple. Les enfants qui sucent leurs doigts, les personnes qui se rongent les ongles et celles qui pratiquent des activités manuelles sont particulièrement exposées.

● Un panaris se manifeste par un gonflement et une douleur sur le pourtour d’un ongle. Parfois une poche de pus (abcès) se forme autour de l’ongle ou sous l’ongle.

● Le plus souvent le panaris guérit spontanément sans séquelles. Dans de rares cas, l’infection s’étend à la pulpe du doigt, avec risque d’infection d’une articulation, d’un tendon, voire d’infection généralisée. L’évolution vers ces complications s’accompagne en général de douleurs plus intenses.

Tremper le doigt dans de l’eau chaude


● Dès les premiers signes, le traitement consiste à tremper le doigt dans de l'eau chaude (non brûlante) pendant 10 à 15 minutes, puis à répéter ce trempage 3 à 4 fois par jour. Utiliser un antiseptique pour le trempage ne semble pas plus efficace que l’eau chaude seule, alors que les antiseptiques peuvent provoquer des irritations et des allergies.

● Il n’est pas prouvé qu’appliquer un antibiotique sur la peau en complément du trempage accélère la guérison. Les antibiotiques peuvent provoquer des effets indésirables cutanés et le développement de bactéries résistantes aux antibiotiques.

● En complément du trempage, il est utile de se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon et de protéger le doigt à l’aide d’un pansement, et si besoin d’un doigtier imperméable, notamment avant de manipuler des aliments.

● Pour soulager la douleur, le paracétamol suffit le plus souvent. Il est préférable d’éviter les anti-inflammatoires (ibuprofène ou autres) car ils peuvent aggraver l’infection.

● Chez les personnes sans risque particulier, il n’est pas prouvé qu’un traitement antibiotique à avaler limite le risque d’aggravation du panaris.

Consulter un soignant dans certains cas


● La survenue d’un panaris est l’occasion de vérifier la date du dernier rappel de vaccination contre le tétanos. Il est prudent d’effectuer un rappel si l’échéance est proche ou dépassée.

● Certaines personnes ont un risque plus élevé de panaris grave, notamment en raison d’un diabète ou d’une baisse de l’immunité souvent liée à des maladies ou à des médicaments. Ces personnes ont intérêt à prendre un avis médical dès les premiers signes de panaris pour envisager un traitement antibiotique à avaler.

● Pour tous, il est prudent de consulter un soignant en l’absence d’amélioration après quelques jours de traitement ou en cas d’aggravation du panaris : douleurs intenses qui troublent le sommeil, gonflement et rougeur (ou zone sombre sur peau foncée) qui s’étendent au doigt, trainée rouge (ou sombre) sur la main ou l’avant-bras, fièvre. Il est parfois justifié de procéder à une incision de l’abcès pour évacuer le pus. 

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